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Les Russes laissent la centrale de Tchernobyl intacte, mais ont possiblement été irradiés

Environ 200 membres de la garde nationale ukrainienne affectés à la centrale ont toutefois disparu.

Centrale nucléaire de Tchernobyl

La centrale de Tchernobyl a été le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire de l'histoire, en 1986.

Photo : Reuters / Gleb Garanich

Radio-Canada

La centrale nucléaire de Tchernobyl n'a pas subi de dommages durant son occupation par les soldats russes, qui ont probablement été exposés aux radiations, ont affirmé vendredi les autorités ukrainiennes. De plus, selon le maire d’une localité voisine, 200 membres de la garde nationale ukrainienne qui travaillaient à la centrale manquent à l’appel depuis le départ des Russes.

On fait aussi de l’information en format collation.

Le maire de Slavutych, la ville où résident la plupart des travailleurs de la centrale de Tchernobyl, a indiqué à la BBC que les gardes introuvables ont probablement été enlevés par les troupes russes.

Nous les considérons comme des prisonniers de guerre, a affirmé le maire Youri Fomichev en entrevue à la chaîne de télévision britannique. Nous essayons d’organiser un échange de prisonniers.

Ces gardes faisaient partie des travailleurs qui étaient coincés dans la centrale nucléaire depuis la prise de contrôle russe, le 24 février dernier, au premier jour de l’invasion de l’Ukraine.

Selon M. Fomichev, l’incertitude règne toujours quant à savoir si les soldats russes ont quitté la zone d’exclusion de Tchernobyl ou seulement le périmètre rapproché de la centrale.

Le secteur de Tchernobyl est très grand, a-t-il précisé. On ne peut pas le surveiller entièrement. On sait seulement ce qui se passe directement autour de la centrale, où sont nos travailleurs.

Le maire de Slavutych estime que la situation est trop incertaine pour permettre à de nouveaux travailleurs d’aller sur le site et de prendre la relève de ceux qui y sont depuis plusieurs semaines.

Irradiations possibles

Théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire de l'histoire en 1986, la centrale de Tchernobyl a été libérée jeudi (Nouvelle fenêtre) lors du retrait des forces russes.

Tout l'équipement fonctionne, ainsi que tous les systèmes de contrôle et de surveillance des radiations, a déclaré le directeur de la centrale, Valery Seïda, cité dans un communiqué de l'agence ukrainienne de l'énergie atomique Energoatom.

Aucun problème n'a été constaté, tant en ce qui concerne le sarcophage qui recouvre le réacteur no 4 accidenté que les stockages de matière radioactive.

Les soldats russes ont emporté cinq des 15 conteneurs de pièces détachées pour la centrale, a-t-il relaté.

Mais ils se sont surtout, dans cette zone interdite lourdement contaminée par la catastrophe de 1986, exposés à des doses probablement importantes de radiations, assurent les Ukrainiens.

L'épaisse poussière que leurs véhicules ont fait monter dans l'air et les particules radioactives qu'elle contient pourraient avoir facilement pénétré l'organisme des Russes par leurs poumons, a dit M. Seïda.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Pire, ils semblent avoir creusé des tranchées dans la forêt rousse, la zone la plus contaminée.

Il est donc tout à fait possible qu'ils aient subi des contaminations aux radiations considérables, selon Energoatom.

À ce titre, tout comme ce qui concerne la sécurité générale des installations, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a dénoncé l'irresponsabilité de Moscou lors d'une déclaration devant la presse à Varsovie.

La Russie a fait preuve d'irresponsabilité sur tous les plans, du refus de laisser le personnel de la centrale remplir pleinement ses fonctions au creusement de tranchées dans la zone contaminée, a-t-il dit.

Le réacteur no 4 de la centrale a explosé en 1986, causant la pire catastrophe nucléaire civile de l'histoire. Il est recouvert d'un double sarcophage : l'un, construit par les Soviétiques, est désormais endommagé; l'autre, plus moderne, a été inauguré en 2019.

Les trois autres réacteurs de la centrale ont été progressivement fermés après la catastrophe, le dernier en 2000.

Une mission prochaine

Interrogé sur la possible irradiation des soldats russes, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a dit ne pas être en mesure de confirmer les informations. L'instance onusienne va tenter d'obtenir des éléments supplémentaires afin de fournir une évaluation indépendante de la situation, selon un communiqué.

Rafael Grossi informe les médias sur la situation des centrales nucléaires en Ukraine lors d'une conférence de presse spéciale au siège de l'AIEA à Vienne, en Autriche.

Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

Photo : Getty Images / JOE KLAMAR

Le niveau de radiations autour de la centrale est actuellement normal, a souligné M. Grossi devant la presse, à Vienne.

Le retrait des troupes russes a pu cependant entraîner des hausses localisées de radiations en raison du mouvement des véhicules, a-t-il précisé, comme quand l'armée russe s'était emparée du site.

M. Grossi rentre d'un séjour en Ukraine et en Russie, où il a négocié avec les autorités de chaque pays un cadre pour déployer équipements et experts dans les installations nucléaires ukrainiennes. Il espère pouvoir conduire une mission très bientôt à Tchernobyl.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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