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Des bactéries qui transforment vos restes de table en plastique biodégradable

Une femme montre des échantillons de son produit de plastique biodégradable.

Le produit plastique obtenu après le processus de transformation se présente sous forme de petites pastilles blanches.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une entreprise canadienne a mis au point un procédé pour transformer les déchets alimentaires et organiques en plastique biodégradable et multiusage.

On fait aussi de l’information en format collation.

Selon la président-directeur général de Genecis Bioindustries, Luna Yu, cette solution a le potentiel de résoudre le gâchis des produits organiques qui ne sont pas transformés en compost ou en gaz naturel et qui deviennent un facteur de pollution.

Les déchets alimentaires qui se décomposent dans les décharges à ciel ouvert sont, dit-elle, le troisième contributeur mondial aux émissions de méthane, un des gaz à effet de serre les plus puissants.

La principale ouvrière de Genecis est une bactérie modifiée que le laboratoire a développée pour fabriquer son produit.

Des employées en blouse blanche.

Des employées dans le laboratoire de Genecis Bioindustries

Photo : Radio-Canada

La première étape du processus mis au point par l'entreprise de Scarborough, en Ontario, se déroule dans des bassins hermétiques. C'est un peu comme brasser de la bière, explique Mme Yu. Nous avons des bactéries là-dedans, et nous y mettons des déchets alimentaires, sous forme liquide.

Les bactéries mangent ces déchets, et les recrachent sous forme d’acides gras.

L’étape suivante consiste à nourrir d’autres bactéries avec ces acides gras. Il en ressort un biofilm bactérien, un polyester biodégradable, qui est extrait sous forme de pastilles.

Ce plastique se dégrade entièrement en un an, soutient l'entreprise

Les usages de cette matière présentée comme écologique sont potentiellement illimités : des bouteilles ou des sacs, par exemple, qui se décomposeraient en un an dans la nature, alors que la plupart des produits en plastique normal prennent plusieurs années à se décomposer.

Le président-directeur général de l’Association ontarienne de la gestion des déchets, Mike Chopowick, trouve certains de ces processus très intéressants, puisque plus de deux tiers des 3,7 millions de tonnes de déchets organiques produits chaque année en Ontario terminent dans les décharges, selon lui.

Une citrouille en décomposition.

Les déchets organiques et alimentaires forment « plus d'un tiers du flux de déchets de l'Ontario », selon le ministère de l'Environnement.

Photo : Radio-Canada

Ce type d’innovation devrait être l'une de nos principales priorités en matière de réacheminement hors des sites d'enfouissement, dont l’Ontario manque cruellement, dit-il.

Il prévient cependant que malgré son aspect prometteur d’un point de vue technologique, Genecis pourrait faire face à un coût de fonctionnement prohibitif.

C’est ce que décrit aussi Greenpeace. Dans un rapport publié fin 2020, l’organisme de défense de l’environnement doutait par ailleurs de la définition véritable du terme biodégradable dans les productions non classiques de plastique, de l’utilisation de produits chimiques dans leur fabrication et du manque de planification sur l’avenir des bioplastiques.

« Sans le soutien d’infrastructures d'élimination, les plastiques biodégradables ne contribueront pas à résoudre la crise de la pollution plastique. »

— Une citation de  Rapport de Greenpeace sur les plastiques biodégradables

Luna Yu semble prête à relever le défi.

Elle affirme que son entreprise veut remplacer le bac de recyclage par le bac de compostage. Peu importe ce que vous utilisez, des couverts compostables, une tasse, ou des textiles, vous pourrez tout mettre dans des bacs qui seront recyclés en une nouvelle génération de matériaux compostables.

Essentiel d'éviter les sites d'enfouissement

Le ministère de l’Environnement de l’Ontario applaudit l’initiative.

Avec plus d'un tiers du flux de déchets de l'Ontario composé de déchets organiques, y compris les déchets alimentaires et les restes, il est essentiel que nous continuions à explorer des moyens d'empêcher ces matériaux de se retrouver dans nos sites d'enfouissement, écrit le porte-parole Gary Wheeler dans un courriel.

Un camion poubelle à Toronto.

Les politiques publiques en Ontario tentent de réduire la quantité de déchets alimentaires produits dans la province.

Photo : Radio-Canada

Le ministère assure par ailleurs que l'Ontario fait sa part en s'engageant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en éliminant progressivement les déchets alimentaires et organiques des sites d'enfouissement d'ici 2030.

Un des piliers de la stratégie provinciale en ce sens est de réduire la quantité de ces déchets et de les convertir en gaz naturel, une source d’énergie renouvelable.

Avec les informations de Talia Ricci, CBC News

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